En sortant de la bouche de métro ce matin (bouche qui doit être la seule à Paris à ne porter aucun nom à l'extérieur et dont il faut déjà être sorti pour la connaître), j'ai encore vu ces drôles de boules vert acide  qui avaient attiré mon oeil la semaine dernière. J'avais cru au début qu'il s'agissait de fruits échappés de l'étal d'un marchand de légumes (comme on voit parfois des oranges rouler dans les caniveaux), mais il n'y en a pas dans cette rue. Elles jonchaient le trottoir, sphères formées de minuscules drupes, certaines à demi écrasées débordant de chair blanche à la fois crémeuse et duveteuse. Je n'avais pourtant pas cherché à approfondir : cela faisait partie des choses que je vois sans aller plus loin parce que l'esprit n'est pas forcément tout à fait réveillé...

Mais ce matin, j'ai dû lever les yeux ou détourner mon regard selon un angle inhabituel et j'ai vu, derrière les grilles de la station, à la fois l'arbre d'où tombaient ces fruits et un panneau explicatif. Il s'agit d'un Poncirus Trifoliata ou citronnier épineux. L'origine du mot "poncire", au passage, semble assez amusante : pomme de cire, ou pomme de Syrie (cf.  Poncirus Trifoliata).

Du coup, j'ai pris quelques photos pour me convaincre que tout cela existait bel et bien et que j'étais bien quelque part, même si la bouche n'avait pas de nom, dans un espace-temps défini même si le temps passe à l'envers ces jours-ci....

 

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A la sortie du métro.

 

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Dans le caniveau face au métro.

 

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Le panneau explicatif.

 

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Pommes Poncirus écrasées.